


























Paravent japonais byōbu pour séparer une pièce ou habiller un mur : panneaux en papier washi, cerisiers en fleurs et paysages peints. L'élégance modulable de l'intérieur japonais traditionnel.
Un paravent japonais est un écran pliant qui se pose au sol pour séparer une pièce sans la cloisonner. Son nom japonais, byōbu, signifie « protection contre le vent » : il servait d’abord à couper les courants d’air d’une maison en bois.
Il se compose de panneaux articulés, en nombre pair, montés sur un cadre léger. Les charnières traditionnelles sont en papier, pliées de telle sorte que l’écran se replie dans les deux sens, à plat, sans épaisseur de gond.
La surface est presque toujours du papier washi tendu, peint ou laissé nu, parfois de la soie. Le cadre, lui, est en bois de paulownia ou de cèdre, choisi pour sa légèreté : un paravent de deux mètres se déplace d’une main.
Ne le confondez pas avec le shōji, la cloison coulissante translucide qui reste fixée au bâti, ni avec le fusuma, le panneau plein qui ferme une pièce. Le paravent, lui, ne tient à rien : vous le posez, vous le repliez et vous le rangez contre un mur.
Les modèles anciens se comptaient par paires, et chaque paire racontait une scène continue d’un panneau à l’autre : une vague, un pin, une procession. Cette habitude explique les formats d’aujourd’hui, où le motif se poursuit sur toute la largeur au lieu de se répéter. Un paravent moderne garde cette règle : ouvert, il forme une image entière ; replié, il ne montre plus qu’une tranche de bois.
Un paravent japonais répond à trois besoins courants, et il le fait sans percer un seul trou. Il cache, il isole, il décore.
Dans un studio, il sépare le coin nuit du coin jour. Posé en légère zigzag, il tient debout tout seul ; complètement déplié, il bascule au moindre choc. Comptez un angle d’environ 120 degrés entre deux panneaux pour un appui stable.
Devant une fenêtre, il tamise la lumière du soir sans la supprimer, ce que fait mal un rideau. Derrière un bureau, il forme un fond neutre pour vos appels en visioconférence. Dans une entrée, il masque le vis-à-vis dès que la porte s’ouvre.
Il peut aussi ne rien séparer du tout. Un paravent à deux panneaux, adossé à un mur, devient un tableau posé qui donne de la profondeur à une pièce vide. C’est d’ailleurs son usage le plus fréquent au Japon aujourd’hui, où les grands byōbu peints sont exposés comme des œuvres.
Évitez en revanche trois endroits. Le passage d’une porte, où il prend les coups à chaque ouverture. Le bord d’un radiateur, qui dessèche le papier et le fait jaunir. Et le plein soleil d’une baie vitrée : les encres végétales pâlissent en une ou deux saisons, et la teinte ne revient jamais.
Commencez par le nombre de panneaux, car il fixe la largeur déployée. Un modèle à 3 panneaux couvre environ 1,20 mètre et se range facilement. Un modèle à 4 ou 6 panneaux dépasse les deux mètres et sépare vraiment deux espaces.
Regardez ensuite la hauteur en fonction de ce que vous cachez. Un paravent de 150 centimètres masque un lit ou un bureau quand vous êtes assis. Pour couper la vue d’une personne debout, il faut atteindre 180 centimètres.
Choisissez la matière selon la pièce. Le papier washi laisse passer une lumière douce et convient à un salon ou une chambre. Le tissu et le bambou tressé résistent mieux aux frottements dans un couloir ou une chambre d’enfant. Le papier craint l’eau : évitez-le dans une salle de bain.
Pensez enfin au motif et au poids. Un décor clair, grues, bambous ou vagues, agrandit une petite pièce ; un fond sombre la referme. Un paravent léger se déplace chaque jour, mais se renverse plus vite : vérifiez la présence de pieds élargis si vous avez des enfants ou un animal.
Ce paravent complète notre mobilier japonais, pensé pour des pièces basses et dégagées. Derrière l’écran, une chaise japonaise sans pieds installe un coin lecture au ras du sol. Et pour la lumière tamisée qui va avec le papier, regardez nos lampes japonaises, elles aussi habillées de washi.
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